02 juillet 2021
5minutes

Un sage au service de la santé – Rencontre exclusive avec Philippe Baranski de mySofie

Entre la pandémie, les obligations des uns, des autres, nous avons mis près d’un an à organiser cette rencontre. L’attente en valait la peine. Un après-midi en compagnie de Philippe Baranski est en effet une réjouissante escapade, un petit moment hors du temps qui fait du bien à l’âme. Le cofondateur de mySofie nous a fait le plaisir d’évoquer son projet, de partager les valeurs qui l’animent et de décrypter un secteur de l’assurance dont il connaît les arcanes comme personne. Morceaux choisis.

 

mySofie : un produit citoyen pour démystifier l’assurance santé

 

Baranski Mehu

Crédits : Anne Loubet

 

mySofie, c’est d’abord l’histoire d’une rencontre. Il y a maintenant une vingtaine d’années, Philippe Baranski et Aymeric Mehu se saluent dans le hall d’accueil des locaux de Pro BTP. Les deux hommes viennent d’être recrutés, ils s’apprêtent à embrasser leurs nouvelles fonctions en cette matinée de septembre.

La relation professionnelle devient rapidement affaire d’amitié. Les collègues partagent un lien intellectuel et philosophique très fort. Se lancer dans l’aventure entrepreneuriale ensemble va s’imposer comme une évidence. Ce projet se concrétisera en 2017 et s’appellera mySofie, référence à la sagesse en grec.

L’idée mySofie part d’un constat simple et implacable : l’incompréhension générale face aux garanties et remboursements santé. Jargon, tableaux illisibles, acronymes et chiffres entremêlés… qui ne s’est pas un jour trouvé en situation de détresse face à une feuille de soins ou un contrat mutuelle ? Afin de remédier à ce problème crucial, Philippe et Aymeric décident de lancer leur application. Objectif : redonner le pouvoir aux Français en leur offrant un produit citoyen, qui leur permet simplement de comprendre, de suivre et de reprendre la main sur leurs remboursements santé.

« Internaliser la complexité de l’assurance santé pour renvoyer un maximum de simplicité » – Format audio (1’22)  

 

Eficiens · Philippe Baranski 1

 

Devenir le Yuka de l’assurance santé

 

mySofie Santé

 

A l’heure où l’univers des startups connaît une accélération fulgurante en Europe, pour le meilleur ou pour le pire, mySofie privilégie un développement plus frugal. La jeune pousse a opéré jusqu’à présent deux levées de fonds (600 000 € et 1,1 million €) qui peuvent paraître modestes au regard des standards actuels. Toutefois, le succès est déjà au rendez-vous !

Quelques chiffres ? En 2021, mySofie c’est :

  • 127 000 membres
  • 226 organismes de complémentaire santé répertoriés
  • Une tribu (composée d’un utilisateur et de ses proches) qui récupère en moyenne 204 € / an
  • 120 tribus qui ont récupéré plus de 1 000 € (et un montant max de 3 480 € pour une tribu)
  • Un utilisateur qui revient entre 8 et 10 fois / mois sur l’application

mySofie se révèle en effet redoutablement efficace pour traquer les remboursements – les équipes Eficiens, qui l’ont décortiquée, peuvent en témoigner. En outre, l’application propose d’autres services à valeur ajoutée, qui sont tous disponibles gratuitement : téléconsultation, réservation de l’ordonnance à la pharmacie, aide psychologique pour aider à prendre en charge les conséquences de la pandémie, etc. Et ce n’est évidemment pas fini.

Ainsi, dès juillet, mySofie proposera un nouvel outil de diagnostic inédit. Grâce à une IA qui scanne plus de 77 000 pages de contrats chaque jour, l’application sera en mesure de vous proposer une optimisation personnalisée de votre couverture santé. « Aujourd’hui, avant de souscrire une contrat santé, vous répondez à des questions et on vous fait une proposition sur ce que vous imaginez. Nous, on fait le contraire. On regarde la réalité et en fonction, on prédit le futur, précise Philippe Baranski. On peut dès lors proposer des offres si on détecte que nos utilisateurs sont en souffrance, ou risquent de l’être, sur telle ou telle garantie (médecine douce, de ville, dentaire, audio, etc.) »

Cette nouveauté colle parfaitement au projet mySofie, qui vise à appréhender le soin de manière holistique. A terme, Philippe rêve de s’imposer dans le quotidien des Français afin de réveiller les consciences et de rendre les gens de nouveau acteurs de leur santé, à la manière de ce qu’a su faire Yuka avec la grande consommation.

« Yuka, c’est 15 millions d’utilisateurs quotidiens et un idéal dans lequel on pourrait se projeter à horizon 2025-2026 » – (Format audio 56‘)

 

Eficiens · Philippe Baranski 2

 

« Un risque que les gens ne s’assurent plus ! »

 

Philippe Baranski mySofie

Crédits : Aurélie Bambuck

 

De puissantes valeurs animent Philippe Baranski. Ses propos, énoncés avec autant de mesure que de conviction, portent. On écoute religieusement cet homme évoquer un métier qu’il aime. Fin observateur et personnalité engagée, il n’hésite pas à pointer les dysfonctionnements du secteur, sans concession. Engluée dans un immobilisme séculaire, l’assurance a tout simplement oublié de se transformer. Il y a aujourd’hui urgence à agir.

« De nombreux secteurs, dont la banque, ont fait un travail sur eux, mais pas l’assurance. Par exemple, mon assureur ne m’a pas appelé pendant la COVID, alors que mon banquier, oui, simplement pour savoir si j’avais besoin de quelque chose, explique Philippe. Il y a nécessité de revenir aux valeurs fondamentales de la mutualisation. Si on la perd, on va gentiment se déplacer soit vers une reprise en main étatique de la santé, soit vers un désengagement total au profit d’un système privé. Le risque ? Que les gens ne s’assurent plus, tout simplement ! »

Le cofondateur de mySofie en appelle donc au monde de l’assurance afin qu’il réévalue son positionnement.

« L’assureur doit prendre ses responsabilités face à un client qui ne comprend plus la promesse de valeur » – Format audio – 1‘08)

 

Eficiens · Philippe Baranski 3

 

Pour Philippe Baranski, il est impératif que les assureurs endossent leur rôle d’accompagnateur de vie. Il cite l’initiative Alan Baby, gratuite et accessible à tous, assurés ou non chez Alan, comme un excellent exemple à suivre. Qu’on lui dise également que mySofie représente une très belle solution au service de la société. La promesse est tenue. Et c’est sans doute le plus beau compliment que l’on pourra lui faire.

 

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