Chapitre 7 : Retour vers le futur ou l'IA en 2030

Emilie Autin
Rédigé par Emilie Autin
17 septembre 2021 - 6 minutes

L’intelligence artificielle n’est plus un mythe. Oublié, le simple personnage de science-fiction destiné à nous faire frissonner par son esprit machiavélique, elle est bien plus qu’un épouvantail apeurant. L’IA est déjà dans nos vies, dans notre quotidien, se déploie et grandit à vitesse supersonique. Se pose donc la question : et demain, que fera cette technologie qui semble sans limites ? Car oui, à l’ère de la révolution technologique, le futur est bien plus proche qu’on ne le croit. Prêtons-nous donc à un petit jeu de prospective, et essayons de nous imaginer quel sera le visage d’un secteur assurantiel redessiné par l’intelligence artificielle en 2030.

Viser la lune, ça ne leur fait pas peur !

IA startups ambition

Quand on évoque le futur avec les startups, elles affichent généralement des objectifs ambitieux. La réalité est cependant souvent plus froide. En effet, seule une jeune pousse sur dix parvient à exister sur le temps long. Malgré cet implacable constat, l’avenir des assurtechs dans le champ de l’IA semble radieux. Zelros veut par exemple devenir une véritable marketplace de son domaine. Son récent déploiement au Canada illustre cette stratégie. Akur8, de son côté, voit encore plus loin et souhaite devenir le numéro un mondial de son secteur, rien de moins ! Enfin, Shift Technology a déjà posé les bases de sa réussite en multipliant les partenariats aux quatre coins du globe tout en créant le plus grand pôle français de data scientists. 

Evidemment, elles ne sont pas seules et bien d’autres candidates visent tout aussi haut. Toutefois, avec la panoplie d’applications possibles de l’IA rien que dans le milieu de l’assurance, chacune peut investir un terrain bien précis, sans risque de voir quelqu’un marcher sur ses platebandes. Et si créer une élite française de l’IA assurantielle, sorte de label, devenait une réalité dans quelques années ?

Vers une extinction de masse des assureurs ?

L’arrivée de l’intelligence artificielle dans le milieu ne ravit pourtant pas tout le monde. Comme l’expliquait Eric Mignot dans sa tribune, les assureurs, confrontés à la révolution digitale, pourraient bien être les victimes d’une nouvelle extinction de masse. En plus de la ‘’menace’’ technologique qui plane sur le milieu, de nouveaux entrants secouent l’écosystème, à l’instar des bancassureurs.

“L’industrie de la confiance doit retrouver son sens, je suis également convaincu que la survie de cette espèce singulière dépendra de la capacité des acteurs de l’industrie à dépasser les inerties qui les empêchent aujourd’hui de se transformer en profondeur”, résume avec sagacité le patron de +Simple. La mort des assureurs passera par leur inertie. A eux de jouer maintenant que toutes les cartes ont été distribuées, dont l’une d’elle, l’IA, doit au contraire devenir un atout dans leur quête de survie.

Des peurs irrationnelles à dépasser

IA peur travail

Malgré les opportunités offertes, la perception de l’IA demeure cependant ambivalente. Ainsi, 53% des compagnies d’assurance pensent qu’elle représente une menace directe pour les emplois existants. Les employés auraient donc peur de se voir remplacer par des algorithmes, travaillant plus vite, mieux et plus longtemps qu’eux. Cependant, la réalité est tout autre ! Arnaud Grapinet de Shift Technology clarifie la situation : “Nos solutions, dans la quasi-totalité, des cas ne sont pas là pour remplacer des humains. Par exemple, prenez tout ce qui est fraude : elles ne sont pas du tout là pour remplacer les équipes fraude. Au contraire, les équipes qui travaillent avec Shift ont tendance à grossir parce que nos IA détectent tellement plus de fraude, qu’il faut bien des gens pour les investiguer ! » 

Le directeur de l’innovation d’AG2R, Laurent Charon, explique cette peur qui affecte certains de nos concitoyens de manière assez logique. En seulement quelques années, la technologie a explosé. Les usages comme les possibilités ont atteint des stades que nous ne pouvions imaginer il y a trente ans, voire même dix. Ce n’est pas l’intelligence artificielle qui nous fait peur, c’est cette évolution technologique très rapide qui abolit les frontières et les pouvoirs. L’objectif de ces futures années est donc d’intégrer harmonieusement la technologie dans chaque sphère de nos vies, dont celle de nos emplois et de nos assurances. La pédagogie sur le sujet aura un rôle déterminant à jouer.

Une journée en 2521

futur assurance

Le réveil sonne toujours à la bonne heure pour un réveil en douceur. Programmée pour réveiller son propriétaire dans les meilleures conditions, l’intelligence artificielle s’appuie sur les données récoltées dans la période d’endormissement : phases du sommeil, respiration, historique des nuits précédentes, etc. La maison connectée est elle aussi en plein réveil : les objets ménagers s’activent, la machine à café ronronne et la salle de bain se met en branle. 

Grâce aux données météorologiques du jour, et aussi à l’agenda digital avec toutes les réunions et missions de la journée, la tenue parfaite est sélectionnée. Plusieurs menus de petit déjeuner rapides et sains sont proposés par le frigidaire. Il n’y a plus qu’à choisir. En mangeant, un rapide débrief de la journée sera proposé par un majordome numérique. 

Sans se mettre en retard, la voiture connectée est elle aussi en train de calculer le meilleur itinéraire pour se rendre jusqu’au bureau. Son conducteur, qui ne touchera ni les pédales ni le volant pendant le trajet, n’a plus qu’à se laisser guider. En écoutant la radio, il sera possible d’apprendre l’information chaude ou écouter de la musique écrite par un algorithme. Aux actualités, les dernières décisions prises par le Parlement et édictées en collaboration avec une intelligence artificielle font débat. Pas pour la participation d’une IA, mais plutôt pour l’utilité moindre qu’ont apportée les parlementaires laissant le débat aux algorithmes. 

En arrivant au bureau d’I.Assure, les robots responsables du ménage ont bien fait leur travail. Les bureaux sont resplendissants et prêts à fonctionner. Tout comme l’intelligence artificielle incluse dans chaque poste de travail. Cette dernière est le double virtuel de chaque employé, elle les assiste dans chacune de leur tâche. L’intelligence artificielle s’occupe surtout des tâches à faible valeur ajoutée, laissant aux humains les tâches les plus valorisantes comme les prises de décisions ou le contact avec les clients. Jamais les employés n’ont été aussi épanouis, et l’entreprise en aussi bonne santé !

 

Finalement, dès lors que l’on s’y intéresse de plus près, l’IA devient rapidement moins terrifiante. Elle est déjà un appui dans notre vie quotidienne. Les humains du futur seront aidés, et entourés par cette technologie. En se mettant dans la peau d’un écrivain de littérature d’anticipation, les possibilités sont infinies. L’intelligence artificielle ne doit pas nous faire peur, elle n’est pas notre double maléfique. Elle est tout au plus notre double mathématique.

 

Retrouvez les autres épisodes de notre grand enquête intitulée : « L’IA, une révolution dans l’assurance ? »

Chapitre 1 : Dessine-moi une IA. Réflexion sur les représentations de l’intelligence artificielle

Chapitre 2 : Dis Emilie, une IA, c’est quoi ? Des définitions pour bien comprendre

Chapitre 3 : IA et assurance. La France et ses 4 fantastiques

Chapitre 4 : L’IA à la française, nouvelle recette pour conquérir le monde ?

Chapitre 5 : IA et assurance, je t’aime moi non plus ?

Chapitre 6 : IA et éthique, la question qui pique !

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