Le frein fantôme hante Tesla et le secteur assurance

Manon Darmet
Rédigé par Manon Darmet
09 juin 2022 - 2 minutes

Imaginez cette situation : votre Tesla roule en pilote automatique, il n’y a aucun danger en vue, mais, soudainement, elle ralentit fortement et le freinage mécanique s’enclenche. Désagréable pour le conducteur, dangereux pour les autres usagers. Voici une réalité déjà expérimentée par certains conducteurs de Tesla. Ce problème n’est pas nouveau et semble persister. Avec potentiellement des conséquences au-delà de la stricte sécurité des conducteurs.

Alastair Walker, journaliste chez Insurance Edge, nous explique en quoi ces problèmes de « frein fantôme » pourraient avoir des répercussions sur… l’assurance ! En effet, comment l’assureur peut-il évaluer correctement le risque si les données ne sont pas exactes à 100% ? Alors que Tesla a forgé sa propre compagnie d’assurance et souhaite à terme équiper tous ses clients, ce problème technique pourrait impacter les propriétaires recourant à l’autopilot ou possédant une voiture autonome.

Alors que la prime est calculée sur le fameux « safety score », les assurés seraient ainsi pénalisés pour une « mauvaise » conduite alors que c’est en fait la faute de la voiture. De quoi détruire la confiance entre l’assureur et le souscripteur ! Le contrat entre les deux parties ne peut être équitable que si la technologie qui sous-tend la tarification du risque fonctionne à la perfection.

« Tesla emprunte une route audacieuse ! »

Dans un pays qui aime le litige comme les États-Unis, il s’agit d’une route audacieuse que prend Tesla. L’entreprise risque en effet des poursuites judiciaires basées sur une tarification des risques frauduleux. Les propriétaires de Tesla pourraient faire valoir que leur assurance était artificiellement élevée en raison d’un logiciel défectueux. 

Alastair Walker, journaliste chez Insurance Edge

Les enjeux sont multiples, et la question fait débattre. Tesla n’est d’ailleurs évidemment pas la seule concernée. A l’heure où l’assurance se tourne massivement vers la data, tout le secteur doit se poser les bonnes questions. Ce qui est certain et confirmé par cet exemple, c’est que les données introduites dans une plateforme de souscription d’assurance auto connectée doivent impérativement être 100% fiables. Pas de déviation ou de freinage fantôme sur votre feuille de route. Pour Alastair Walker, le partenariat entre les insurtechs et les constructeurs automobiles semble essentiel à l’avenir pour adresser cette problématique.

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