Analyses
27 mai 2021
7minutes

RSE : 3 lettres pour une nouvelle donne dans l'assurance

 

 

1. Introduction

La RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) est un sujet qui prend actuellement une ampleur inédite. Il ne s’agit pourtant pas d’une simple mode, mais plutôt d’une prise de conscience liée à différents facteurs :

  • Premièrement, le contexte juridique, qui incite de plus en plus les entreprises à s’engager dans une démarche RSE.
  • Deuxièmement, le contexte sociétal : les consommateurs exigent toujours plus de transparence et un véritable engagement en faveur d’un comportement éthique, social et environnemental.
  • Troisièmement, le contexte économique difficile qui incite les entreprises à réduire les coûts.

Les entreprises se retrouvent donc souvent prises entre volonté d’engagement et rentabilité économique. D’où l’intérêt de s’intéresser de près à la mise en place d’une politique RSE, voie idoine pour trouver le juste équilibre entre tous ces éléments.

 

2. La RSE, c’est quoi ?

On parle de RSE pour Responsabilité sociétale ou sociale des entreprises. Il s’agit de la mise en pratique des principes du développement durable au sein des entreprises.

 

Pour rappel, le développement durable s’appuie sur 3 piliers (voir le schéma ci-dessus). On parle de développement durable lorsque les 3 aspects sont pris en compte sans négliger un autre, dans une stratégie globale. Ainsi, le but de l’entreprise qui s’engage dans une démarche RSE consiste à avoir un impact positif sur la société, respecter l’environnement tout en étant économiquement viable. Cela peut donc signifier l’aménagement de l’offre de produits / services – voire une remise en cause du business model pour certaines industries ainsi que la mise en place de bonnes pratiques en interne.

 

3. L’impact de la loi PACTE

La principale avancée juridique sur la RSE en France est la loi PACTE (loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et à la transformation des entreprises). Elle a défini plusieurs principes.

  • Par la modification de l’article 1833 du Code civil, toutes les entreprises doivent désormais prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux inhérents à leur activité.
  • Par la modification de l’article 1835 du Code civil, les entreprises qui le souhaitent ont désormais la possibilité d’instaurer la raison d’être dans les statuts de la société.

Il s’agit d’un véritable tournant en matière de RSE.

 

La raison d’être : qu’est-ce que c’est ?

Pour rappel, la raison d’être d’une entreprise désigne la façon dont elle entend jouer un rôle dans la société au-delà de sa seule activité économique.

Elle répond à la question : Quelle est l’utilité profonde de notre entreprise pour répondre aux défis majeurs de la société ?

Elle permet de « donner le cap » pour intégrer les préoccupations sociétales dans la stratégie de l’entreprise.

Il s’agit de la déclinaison française de « purpose » ou de « mission statement » dans les pays anglo-saxons. La raison d’être s’appuie sur un choix de volontariat (la modification de l’article 1835 n’en fait pas une obligation légale). Elle fait cependant partie intégrante d’une démarche RSE assumée.

 

Quelques exemples de raisons d’être dans l’assurance :

  • Allianz : « Nous préparons votre avenir, un avenir plus sûr »
  • Axa: « Protéger et agir pour un futur serein »
  • MAIF : « Une attention sincère portée à l’autre et au monde »
  • Groupama : « Nous sommes là pour permettre au plus grand nombre de construire leur vie en confiance »
  • Malakoff Mederic : « En tant que leader de la protection sociale, nous devons innover sans cesse au service de l’humain pour protéger et accompagner nos clients entreprises, salariés et retraités. C’est notre raison d’être »
  • AG2r : « Par nos expertises et nos conseils, nous sommes là pour permettre à chacun de mieux protéger sa vie et ses proches. Nous conjuguons responsabilités individuelles avec solidarités professionnelles et intergénérationnelles. Ainsi, nous contribuons à renforcer le vivre-ensemble »
  • Wakam : « Rendre l’assurance transparente et impactante »
  • Luko : « Bâtir une assurance au service de la société et accompagner les foyers européens pour les rendre plus sûrs mais aussi plus verts »

 

4. Au niveau international : la norme ISO 26000

Au niveau international, c’est la norme ISO 26000 qui définit le périmètre RSE. Il ne s’agit pas d’une certification mais plutôt d’une marche à suivre, qui définit des lignes directrices. Elle aide, de ce fait, les entreprises et les organisations à traduire les principes en actes concrets.

La norme a été publiée en 2010 après 5 années de négociations entre des parties prenantes dans le monde entier (représentants des gouvernements, des ONG, de l’industrie, des groupes de consommateurs et du monde du travail). Elle représente donc un consensus international.

En bref, la norme ISO 26000 s’appuie sur 7 thématiques que doit prendre en compte une démarche RSE, résumées dans le schéma ci-dessous :

 

 

 

5. Quel label choisir pour une démarche RSE sérieuse ?

Lorsqu’une entreprise se lance dans la démarche RSE, se pose la question du label, pour faire reconnaître à ses clients, fournisseurs et autres parties prenantes son engagement. Le processus de labellisation permet aussi de s’inscrire dans un principe d’amélioration continue. Car une démarche RSE ne s’arrête pas à la labélisation !

Cependant, face à la multitude de labels existants, difficile de choisir …

Les Labels RSE se divisent en trois grandes catégories :

  • Généralistes : ECOCERT, Label Lucie, Engagé RSE, etc.
  • Sectoriels : spécifiques à un secteur (Bâtiment, Banque & Finance, Agriculture biologique, etc.)
  • Thématiques : qualité de vie au travail, environnement, achats responsables.

Attention cependant à bien sélectionner son label : tous ne se valent pas ! Il est donc recommandé de privilégier les labels RSE se reposant sur le référentiel de la norme ISO 26000. De plus, l’obtention d’un label nécessite une visite d’évaluation sur site de l’organisme habilité qui rencontre l’ensemble des parties prenantes et évalue les résultats de l’entreprise sur les 7 piliers RSE mis en avant par la norme ISO 26000. Un label proposant une « auto-évaluation » ne sera pas alors suffisant et sera peu susceptible d’avoir un impact positif sur la démarche.

En France, les organismes évaluateurs qui fondent leur approche sur la norme ISO et proposent les visites sur site sont plutôt les labels généralistes, à savoir ECOCERT, Lucie et Engagé RSE (AFNOR).

Ainsi, selon une enquête de l’institut BVA, pour les titulaires du label « Engagé RSE » (par exemple dans l’assurance : Harmonie Mutuelle, Ociane et Opteven Assurances), voici les impacts positifs remarqués après leur labellisation :

  • 98% ont vu leur image s’améliorer auprès de leur clients, fournisseurs, partenaires
  • 93% ont identifié des pistes d’amélioration
  • 88% ont réduit leurs consommations énergétiques ou en eau
  • 78% améliorent les conditions de travail
  • 63% améliorent leur compétitivité
  • 53% ont accédé à de nouveaux marchés

 

6. Zoom sur l’assurance : une approche commune sectorielle

Dans l’assurance, grâce à l’impulsion des 3 organismes suivants, une véritable démarche sectorielle a pu être mise en place.

  • AFA, Association française de l’assurance
  • FFSA, Fédération française des sociétés d’assurances
  • GEMA, Groupement des entreprises mutuelles d’assurance

En effet, la mission fondamentale des assureurs s’inscrit dans la durée : évaluer, anticiper, gérer les risques. Les enjeux sociaux et environnementaux sont donc structurants pour le secteur.

Le GEMA et la FFSA ont ainsi signé en 2009 une première version de la Charte RSE, dans laquelle ils ont initié leur engagement en faveur du développement durable. Cette charte a été mise à jour en juin 2018. Pour mieux rendre compte de sa mise en œuvre, la nouvelle version présente des exemples concrets d’actions RSE menées par l’ensemble de la profession en tant qu’assureurs, investisseurs et employeurs responsables.

 

Voici quelques exemples d’actions emblématiques menées dans le secteur de l’assurance :

 

1- Premièrement, sur le volet assureurs responsables :

  • La convention AERAS : signée par les pouvoirs publics, les banquiers, les assureurs et les associations de malades et de consommateurs. Son objectif consiste à faciliter l’accès à l’assurance et à l’emprunt des personnes ayant ou ayant eu un problème de santé.
  • Le recueil des engagements à caractère déontologique des entreprises d’assurance : ceux-ci visent notamment à garantir aux assurés un niveau d’information supérieur à celui édicté par les prescriptions légales ou réglementaires.
  • Pack de conformité assurance avec la CNIL : pack de conformité pour l’utilisation des données personnelles.

 

2- Sur le volet employeurs responsables :

  • Taux d’accès élevé à la formation des salariés de l’assurance : au cours de l’année 2019, près de 9 salariés sur 10 ont bénéficié d’au moins une action de formation. Cela se traduit par un taux d’accès qui s’élève à 88,5%.
  • Accord de branche sur la mixité et la diversité : un nouvel accord a été signé en 2021.
  • Promotion de la Qualité de vie au travail : le secteur de l’assurance s’est engagé en faveur de la Qualité de vie au travail, avec la signature d’un accord de branche, puis la mise en place d’un « Guide des bonnes pratiques ». Vous pouvez d’ailleurs lire notre article sur le sujet pour en savoir plus.

 

3- Sur le volet investisseurs responsables :

  • Le 29 Octobre 2020 a été lancé l’Observatoire de la finance durable. Il a pour ambition de contribuer à la transparence, au suivi, à l’évaluation et à la transformation progressive du secteur, dans la lignée des engagements pris par les assureurs dans leur Charte RSE. L’Observatoire rassemble des données sectorielles et des engagements individuels en open-data. Il s’agit d’un projet pilote à l’échelle mondiale.

 

 

Pour consulter les données assurance de l’Observatoire de la finance durable : cliquez ici

 

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