Quand l'assurance prend ses quartiers dans le métavers

Emilie Autin
Rédigé par Emilie Autin
15 mars 2022 - 3 minutes

Les nouveaux bureaux du IMA Financial Group ne sont ni en Europe, ni en Asie. Le puissant courtier américain a posé ses valises à Decentraland ! Ce nom, digne d’un parc d’attractions, est en fait une plateforme de réalité virtuelle décentralisée, qui se compose de plus de 90 000 parcelles. Ces parcelles sont des NFT, non-fungible tokens, qui peuvent être achetées grâce à de la cryptomonnaie. En somme, les nouveaux locaux de IMA se situent dans ce fameux métavers dont tout le monde parle en ce moment !

Ce laboratoire de R&D en ligne sera utilisé pour mieux comprendre ce marché émergent du risque qui entoure le métavers, les NFT ou encore les cryptomonnaies. IMA, l’un des dix plus gros courtiers aux Etats-Unis, investit donc le champ du Web3. Inconnu du grand public il y a encore quelques mois, le métavers a pris de court un grand nombre de secteurs, de l’art à l’assurance. Et si IMA met la main au portefeuille, c’est tout sauf anecdotique. Avec ce nouveau monde émergent de nouveaux risques. Les assureurs sont déjà attendus et ne peuvent rester attentistes.

Des pirates dans le métavers

Le métavers est un monde dans lequel entrepreneurs, grands groupes et pirates se côtoient. A l’heure où la problématique cyber explose, investir et se lancer dans cette aventure représente un risque important. Il y a seulement un mois, OpenSea, la première marketplace pour les NFT, a par exemple été hackée. Plus de 250 NFT ont été volés, pour une somme avoisinant les 1,7 million de dollars. Pour les cryptomonnaies, le risque est similaire. Deux incidents majeurs, répertoriés au cours des six derniers mois, ont débouché sur des pertes de plus d’un milliard de dollars !

De simples vols de mots de passe, à des virus très sophistiqués, le risque cyber prend des formes diverses et variées. Face à cette menace dont le caractère systémique s’impose, les assureurs se montrent de plus en plus frileux. Pourtant, c’est une véritable économie qui est en train de prendre forme dans le monde virtuel. La valeur d’actifs comme les œuvres d’art NFT, par exemple, croit de manière exponentielle. Le besoin d’assurance semble aujourd’hui évident, mais le secteur a pour le moment clairement un temps de retard. Une réflexion et des actions s’imposent donc, rapidement.

Arnaque ou Eldorado ?

En achetant des locaux numériques, IMA adresse un signal fort. Le courtier donne à l’assurance et aux milieux financiers une opportunité de se tourner vers ce monde de façon sérieuse. Il serait utopique de penser que le secteur échappera à la vague crypto. Les initiatives demeurent toutefois timides pour le moment. Certains assureurs, comme l’Assurance du Lion ou AXA, acceptent les paiements en Bitcoin ou Ethereum, mais il s’agit ici d’initiatives isolées. AXA, encore lui, a acheté une parcelle dans The SandBox pour sa division France, mais sans stratégie bien définie. Enfin, le Lloyd’s a ouvert la porte à une insurtech spécialisée en crypto, mais reste confronté à un sérieux gap sur le sujet.

L’assurance va donc rapidement devoir se poser les bonnes questions face à ce monde qui prend forme sous nos yeux. Nouvel Eldorado pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux, véritable arnaque pour les plus terre à terre… Comme souvent, la vérité se situera certainement entre les deux. Il semble toutefois évident que le phénomène ne peut plus être ignoré. Aux assureurs de faire preuve de pragmatisme pour savoir quand et comment prendre le bon wagon.

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