Lola Health : et si la complémentaire santé devenait inclusive ?

Nastasia Montel
Rédigé par Nastasia Montel
05 octobre 2021 - 5 minutes

Il est temps que les femmes prennent soin d’elles ! Leur corps est différent de celui des hommes, et donc nécessite une attention différente. Logique. Pourtant, selon une étude d’Axa Prévention, quatre femmes sur cinq négligent leur santé au détriment de celle de leurs proches. Par ailleurs, elles sont souvent moins bien diagnostiquées que les hommes. C’est par exemple le cas pour l’infarctus – qui est pourtant la première cause de mortalité féminine en France – ou l’endométriose – avec une moyenne de 9 ans pour un diagnostic, alors que 1 femme sur 10 environ est touchée.

C’est pour adresser ces problématiques que Lola Health est née. La complémentaire santé innovante se veut inclusive, plus juste, et compte combler les inégalités dans les remboursements afin de rendre les parcours de soins équitables pour tous. Nous avons interrogé Victor Besse et Claire Trescartes, deux des 3 fondateurs de la jeune assurtech.

 

Pouvez-vous nous présenter Lola Health ?

V.B. : Lola part d’un concept assez simple : les femmes aujourd’hui payent davantage que les hommes en santé, et pourtant elles sont moins bien soignées et diagnostiquées. La raison est double. Premièrement, il ressort de plus en plus de spécificités féminines en matière de santé qui étaient un peu marginalisées, minimisées et dont on entend de plus en plus parler (précarité menstruelle, endométriose, dérèglement hormonal, etc.). Ensuite, il existe en santé des stéréotypes de genre qui ont des répercussions sur la manière dont on soigne les femmes. Bien souvent, les douleurs ressenties par la femme vont être minimisées ou renvoyées vers des causes psychologiques.  

Notre objectif est donc de proposer une formule de santé plus équitable pour combler les inégalités entre les différents groupes de populations. Aujourd’hui, on se concentre sur la femme et on vient apporter une couverture plus complète sur des palettes de soins attendues par les femmes (reconstruction post cancer du sein, endométriose, médecine douce, etc.). En second temps, on veut apporter sur notre application (en cours de développement) une information plus claire, plus simple, transparente et davantage axée sur les spécificités de genre afin d’agir en amont sur la prévention.

 

Quelle a été la genèse du projet ?

C.T. : Je me suis rendu compte que le parcours de soins était très mauvais pour les femmes, non seulement dans le remboursement mais aussi dans l’accompagnement. Je me suis sentie isolée, un peu abandonnée par le personnel médical. Et ce problème ressenti était partagé par d’autres femmes de tout âge.

 

L’intelligence artificielle au service d’une meilleure prévention

Vous proposez un algorithme de prévention, pouvez-vous nous en parler ?

C.T. : On s’est rendu compte sur le terrain que les femmes oublient de s’occuper d’elles. Souvent à la retraite elles développent des formes graves de maladies qui sont là depuis plusieurs années, car elles s’occupent davantage de leur mari et de leurs enfants.

C’est pourquoi on veut insister sur la prévention en développant – grâce à Benjamin Dalmas, docteur en IA spécialisé sur les données de santé et éthique – un algorithme sur la base d’un calendrier et d’un chatbot.

On voudrait récupérer les données génétiques, environnementales et physiologiques (les assurés auront le choix de divulguer leurs données ou non). Le but sera ensuite de donner des informations de prévention (quand aller se faire dépister, rappels vaccins, etc.).

 

Les objectifs futurs pour Lola?

V.B. : L’objectif futur ça serait d’accompagner toutes les femmes – et au-delà, toutes les personnes avec des particularités de santé, par exemple trans –, et peut être mettre en place de la prévoyance pour assurer et dédommager les femmes en cas d’agression, harcèlement au travail par exemple.

L’idée, c’est de décliner tout l’esprit de Lola sur d’autres produits d’assurance, couvertures, étapes du parcours du soin, pour toujours mieux accompagner les populations plus en lien avec leurs besoins et leurs particularités.

 

« Toute une génération d’individus qui vont être prêts à partager leurs données de santé »

La santé se conjugue de plus en plus au digital. Votre avis sur cette lame de fond ? Et comment trouver sa place dans cette sphère en effervescence ?

V.B. : On est convaincus que l’avenir est digital, ça contribue à la simplification du parcours de soins et à la prise en charge des remboursements, et surtout à la lecture des offres en assurance. Développer l’aspect digital / tech va donc être un de nos gros sujets.

C.T. : L’IA se développe de plus en plus, et on pense que les gens sont prêts à ça. Et en France il y a toute une génération d’individus qui vont être prêts à partager leurs données de santé, s’ils peuvent derrière bénéficier d’un service facilité et plus sûr. C’est un des gros défis qu’on va avoir dans les années à venir avec Lola, c’est montrer qu’on est complètement transparents.

C’est aussi pour ça qu’on est entreprise à mission dans nos statuts. Une de nos premières missions, c’est montrer qu’aujourd’hui avec les données on peut être éthique et réellement accompagner les gens sur un parcours de soins sans aller vendre leurs données à droite à gauche.

 

Le mot de la fin ?

C.T. : Notre baseline, c’est d’être inclusifs, de proposer un produit plus juste, qui va combler les inégalités dans les remboursements de manière à ce que tout le monde bénéficie d’un parcours de soins équitable. L’idée, c’est de verticaliser les besoins, car les femmes ont des besoins spécifiques, mais les hommes également.

 

La première offre de Lola, proposée en collectif et en B2B2C, devrait voir le jour début 2022. Chez Eficiens, nous suivrons avec une attention particulière ce beau projet, en faveur d’une assurance juste et inclusive, capable de répondre aux besoins de la société actuelle.

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