Le chiffre du jour | 2021, cru d'exception pour l'insurtech française !

Alexandre Pengloan
Rédigé par Alexandre Pengloan
07 janvier 2022 - 3 minutes

Voici un millésime qui fera date ! On le pressentait déjà depuis plusieurs mois, et le bilan de fin d’année le confirme : 2021 est tout simplement historique pour l’insurtech française. Selon le décompte effectué par les experts d’Astorya, les jeunes pousses tricolores sont parvenues à lever 601 millions d’euros à travers 18 deals. Ce total est trois fois supérieur à celui de l’année précédente (162M€, contre 165M€ en 2019) et constitue, sans surprise, un record absolu.

Encore mieux, l’insurtech endosse le rôle de locomotive dans l’écosystème fintech élargi. Les startups de l’assurance ont, en effet, aimanté 29% des fonds en valeur, chiffre qui en fait la niche la plus dynamique devant les services financiers opérationnels (les Lydia et consorts, 27%). Nous sommes donc bien en présence d’une sphère insurtech qui semble arriver à maturité, même s’il faut garder à l’esprit que trois acteurs ont levé à eux seuls 78% des fonds.

Alan et Shift ont ouvert la voie

L’insurtech hexagonale possède des locomotives identifiées depuis un moment. Les pépites Alan et Shift Technology ont confirmé leur statut en opérant toutes deux des levées d’envergure. Le spécialiste de la santé Alan, en plus de dévoiler son app Alan Baby et de se lancer sur le terrain de la santé mentale, a capté 185M€ en avril, pour devenir la première licorne dans l’histoire de l’insurtech française. Shift lui a rapidement emboîté le pas, annonçant quelques semaines plus tard un deal de 220M$. Cette opération a permis à la startup experte en IA et fraude d’accéder, elle aussi, à une valorisation dépassant le milliard d’euros. La bonne surprise est venue de Leocare. La jeune pousse bretonne ne s’est pas contentée d’une seule levée de fonds, réalisant après un premier tour de table de 15M€ en janvier, une levée majeure de près de 100M€ pour finir l’année.

Derrière les fers de lance, ils sont nombreux à s’être également les moyens de leurs ambitions. On peut notamment penser à Acheel (29M€) et Mila (12M€), nouveaux venus sur le marché avec, en plus d’un financement, un agrément de l’ACPR dans leurs bagages. Pour Akur8, 2021 a été l’année de la confirmation. Le joyau de l’IA à la française, qui a multiplié les partenariats, est en outre parvenu à convaincre les investisseurs d’injecter 30M€ au début de l’été. Lovys (+ de 20M€ en deux temps) et Hoggo (11M€) complètent la liste des levées à deux chiffres.

Enfin, plusieurs startups, qui sont souvent dans un stade plus précoce de développement – mais pas systématiquement -, ont également fait parler d’elles. Citons en particulier Zelros (9M€), Assurly (6M€), Continuity (5M€), Golem.ai (5M€) Baloon (2,2M€), Datafolio (2,2M€), Dalma (2M€) FASST (1,5M€), Lyanne (1,2M€), mySofie (1,1M€), Santexpat (750k) ou Lily facilite la vie (500k).

La France conforte, avec toutes ces opérations, sa place dans le trio de tête européen – toujours derrière la Grande-Bretagne (882M€ et 30 deals) avec Bought by Many et l’Allemagne (749M€ et 16 deals), essentiellement propulsée par WeFox. Résiliente face à la crise sanitaire, bien appuyée par les pouvoirs publics et stimulée par l’effervescence de la « French Tech », la sphère insurtech tricolore semble quoi qu’il en soit armée pour se consolider et affoler de nouveaux les compteurs en 2022.

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