Le chiffre du jour | FrenchTech, plein cap sur l’international ?

Emilie Autin
Rédigé par Emilie Autin
09 septembre 2022 - 2 minutes

Les valises seraient-elles déjà prêtes ? La réouverture des frontières après des mois de privation est l’occasion de rêver de road-trip exotique ou d’aller travailler au bord de la plage. Pour la French Tech, plus qu’un rêve, l’international est une ambition assumée. En effet, selon Maddyness, 42% des fintechs et insurtechs du panorama français déclarent envisager un développement international dans les six prochains mois.  

Des insurtechs de la sphère hexagonale ont déjà dépassé la frontière française. Alan s’étend par exemple déjà en Belgique, avec ses produits d’assurance, mais aussi Alan Mind et Alan Clinic, tout comme en Espagne. Luko est déjà présente en Espagne et en Allemagne. L’insurtech spécialiste de l’habitation vise le million de clients d’ici la fin d’année, et recrute dans tous ses bureaux. De quoi susciter des envies. Lovys ou Leocare affichent ainsi également leurs ambitions dans la péninsule ibérique.

On a ici évoqué les distributeurs, mais l’appel de l’étranger est encore plus évident pour les courtiers ou enablers. La conquérante Shift Technology travaille déjà avec des géants asiatiques, comme Saison Automobile & Fire Insurance au Japon. Dans le même temps, la pépite de l’IA Akur8 a tissé un impressionnant réseau international. Nous pouvons aussi penser à la reine du paramétrique Descartes Underwriting. Ses clients peuvent contacter les bureaux de Singapour, Sydney, New York, Houston, Denver, Londres ou Paris. Quant à +Simple, l’insurtech d’Eric Mignot est déjà présente en Allemagne et Italie, et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin !

Attention à ne pas se perdre en chemin !

Mais, toutes les cartes postales ont un revers. Tous ces espoirs d’internationalisation et d’expansion n’interviennent-ils pas un peu tôt dans ce secteur si jeune ? S’étendre dans de nouveaux pays est un rêve souvent réservé aux groupes tentaculaires et bien installés. D’ailleurs, côté néo-assureurs, personne n’est encore parvenu à apporter la preuve d’une réussite à l’étranger.

Dans un contexte économique tendu, les acteurs de l’écosystème pourraient ainsi rapidement revoir leurs priorités. Ottonova est un bon exemple récent. L’insurtech allemande vient de réaliser une Serie F, mais n’a levé que 34 millions, contre plus de 100 millions envisagés ! Sans surprise, l’entreprise abandonne donc l’idée d’expansion pour le moment et reste sur son marché allemand.

A l’heure du retour à la normale, il semble donc essentiel de ne pas brûler les étapes. Pour les insurtechs, il faudra être malin pour lancer son aventure internationale au bon moment, et tout simplement ne pas se perdre en chemin.

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