Le chiffre du jour | Collaboration grands groupes - startups : peut mieux faire !

Alexandre Pengloan
Rédigé par Alexandre Pengloan
14 juin 2022 - 2 minutes

C’est l’histoire d’un mariage de raison. A l’époque de la révolution digitale, les rapprochements entre grands groupes et startups font sens, à plus d’un égard. Les premiers ont des besoins, et des moyens. Quant aux seconds, ils ont pour eux la capacité d’innover et l’agilité, mais doivent trouver des capitaux pour avancer. C’est donc en toute logique que les deux mondes se sont rapprochés. En dix ans, les investissements directs des entreprises françaises dans l’écosystème startup a ainsi été multiplié par 10. Mais pour quels résultats ?

Une étude signée BCG et Raise Lab vient de se pencher sur le sujet. Ils ont à cette occasion sondé 30 interlocteurs corporate française (dont AG2R La Mondiale, CNP Assurances, la MAIF, Malakoff Humanis, la Société Générale et le Crédit Mutuel Arkéa pour le focus assurance). Un chiffre à retenir : 36% de ces grandes entreprises considèrent leurs investissements dans des startups comme des échecs. Et si le ratio succès (1/3 des cas) correspond à celui affiché par les VC plus classiques, on se dit qu’il y matière à mieux faire !

Des sources de frustration nombreuses

Il n’existe pas de magie en matière d’investissement. C’est un exercice difficile et il n’y a rien d’évident à faire coïncider les attentes des deux mondes. Décalage dans les objectifs, modes de fonctionnement opposés, rapport au temps différent, enjeux parfois incompatibles… Les sources de frustration sont nombreuses. Le modèle de CVC (Corporate Venture Capital) est encore relativement jeune mais il doit aujourd’hui accéder au stade de la maturité, alors qu’il représente 30% du total des fonds VC en France.

Ce constat en demi-teinte illustre le manque de partage de bonnes pratiques, mais il ne doit pas décourager les rapprochements. Les retours d’expérience des corporates et des startups doivent permettre de limiter les frictions qui mènent aux échecs de ces investissements et faciliter la collaboration entre les deux parties.

Alexandre Aractingi, Directeur associé au BCG

BCG et Raise Lab invitent à établir un plan stratégique rigoureux pour maximiser les chances de succès. Il est ici question, avant tout, de formaliser et de diffuser les bonnes pratiques tout au long de la chaîne de valeur. En gardant toujours à l’esprit que le cadrage de la collaboration, l’organisation et la communication constitueront les clés du succès. Dans l’assurance, qui accuse un train de retard en matière d’innovation par rapport à d’autres secteurs comme la banque, les enjeux sont brûlants. Et les réussites déjà constatées des rapprochements acteurs traditionnels / insurtechs – car oui, il y en a ! – invitent tout simplement à accélérer dans cette voie.

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