Capsule assurance
19 mai 2020
6minutes

Joue-la comme Zhong An ! – Rencontre exclusive avec Philippe Mangematin de Seyna

Vidéo verticale sous-titrée – Clic sur les flèches ou le carré pour plein écran – Vidéo de 2’17″

 

L’assurance, un monde figé ? Bien au contraire, vous dira l’équipe de Seyna ! Le 6 décembre 2019, l’assurtech a complètement changé de dimension. En obtenant le sésame de l’ACPR, elle est devenue la première compagnie d’assurance-dommages agréée en France depuis 1983. Philippe Mangematin, cofondateur et président, évoque l’incroyable histoire de ce nouvel acteur dont l’ambition est d’incarner le visage d’une assurance moderne et adaptée aux usages d’aujourd’hui.

 

Créer pour mieux innover

 

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Les trois fondateurs de Seyna, Guillaume d’Audiffret, Philippe Mangematin et Jean Nicolini

 

Dans une galaxie assurtech qui s’épaissit, Seyna sort incontestablement du lot. Et que de chemin parcouru, déjà, depuis sa fondation en novembre 2018 et l’intégration, dans la foulée, au sein du hub de la FFA ! A l’origine de cette fable contemporaine, ils sont trois, tous issus du terreau de l’assurance : Guillaume d’Audiffret, Jean Nicolini et donc, Philippe Mangematin. Inspiré par les mutations engendrées par la révolution numérique, le trio identifie les nouveaux usages comme un terrain à défricher pour l’assurance.

Toutefois, à l’inverse des nouveaux acteurs digitaux qui officient en tant que courtiers – comme Luko, Lovys ou Leocare –, Seyna n’envisage pas l’aventure sans être un assureur à part entière. Pourquoi ce choix ? Afin d’avoir la mainmise sur la création des produits tout en se positionnant comme l’interlocuteur privilégié des assurtech spécialisées dans la distribution. Une procédure longue et complexe aboutit finalement à l’octroi de l’agrément par l’ACPR le 6 décembre.

Une question émerge alors : porter le risque, n’est-ce pas trop risqué, justement ? « Oui, acquiesce Philippe, mais c’est ce qui en fait la saveur ! » La connaissance très fine du métier par ses dirigeants – Philippe a notamment obtenu son diplôme d’actuaire en 2015 –, la solvabilité de la société assurée par une levée de fonds propres de 14 millions € opérée fin 2019 et le travail mené avec les réassureurs constituent de sérieuses garanties. Par ailleurs, la stratégie de Seyna consistant à se porter sur les nouveaux usages représente une autre sécurité. Elle permet en effet d’opérer sur des niches et de lisser l’exposition, ainsi que l’explique son président (Format audio – 46′)

 

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« L’écosystème, c’est le futur ! »

 

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Zhong An, un modèle inspirant basé sur les écosystèmes

 

Agilité et robustesse. Seyna, qui tire son nom d’un roseau du Sud de la France, sait où elle va et a déjà mis en place un socle solide pour une jeune entreprise. Le grand avantage de partir d’une page blanche ? Disposer d’une totale latitude pour confectionner ses propres offres. « L’agrément de l’ACPR, c’est un synonyme de liberté ! Il représente aussi un gage de crédibilité sur le marché », s’enthousiasme Philippe Mangematin.

Côté technique, le choix de construire un système informatique ex nihilo, avec recours au cloud et à une API, a également été retenu. La machine a été bien lancée avec une proposition constituée de sept produits proposés en marque blanche :

  • assurance frais de scolarité pour les étudiants
  • caution locative pour les étudiants
  • assurance billets de spectacle
  • assurance chiens / chats
  • couverture téléphone mobile à destination de la Génération Z
  • assurance protection de matériel pour les indépendants
  • assurance à la demande pour le matériel sportif

 

La crise sanitaire n’a pas freiné les ambitions de Seyna, loin de là. Début juillet, l’équipe a ainsi annoncé deux nouvelles offres innovantes élaborées sur le modèle de l’assurance paramétrique :

  • en collaboration avec la startup Wivaldy, une assurance pour couvrir les sur-consommations d’électricité en cas d’hiver froid. Le modèle est établi en prenant en compte les températures extérieures et les données des compteurs Linky.

 

  • avec l’appui de Vax Conseil, Seyna a installé des stations météo près des circuits automobiles pour détecter les gouttes de pluie. Dès lors, en cas de précipitations rendant impossible la pratique, les motards ayant réservé une journée de circuit sont remboursés instantanément.

 

Seyna mise sur le modèle B2B2C – à l’instar de La Parisienne ou de Moonshot, par exemple. Un objectif prioritaire consiste dès lors à identifier des partenaires. Avec, toujours en tête, l’idée de façonner des produits qui remplissent les critères suivants : utilité, simplicité et sur-mesure.

Les hommes forts de Seyna ne cachent pas leur admiration pour le Chinois Zhong An (L’Asie s’impose d’ailleurs de plus en plus comme un fascinant terrain de jeu pour les assurtech et une source d’inspiration pour les assureurs européens). Leur stratégie semble ainsi parfaitement taillée pour fonctionner dans une logique d’écosystèmes. Lorsque l’on demande à Philippe son avis sur ce format de distribution, la réponse affleure telle une évidence : « C’est le futur ! » (Format audio – 45′)

 

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L’assurance, un monde à réinventer

 

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Si Zhong An est le modèle, Amazon pourrait devenir l’opportunité. L’ogre de Jeff Bezos, et les géants de la tech en général, lorgnent le secteur avec de plus en plus d’insistance. Cette offensive inquiète certains acteurs traditionnels. Fin 2019, Thomas Buberl, le PDG d’AXA, a ainsi réitéré sa crainte de voir les GAFA complètement disrupter l’écosystème assurantiel. Pour Philippe Mangematin, au contraire, l’intérêt grandissant de ces acteurs doit être entrevu comme une chance, celle d’inventer de nouveaux modèles (Format audio – 1’00)

 

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Le contexte actuel de crise sanitaire amène aussi, forcément, les assureurs à s’interroger sur les évolutions de l’époque et la nature même de leur activité. Avec le réchauffement climatique, le monde sera-t-il encore assurable demain ? Comment répondre efficacement aux enjeux de cybersécurité qui n’existaient pas il y a quelques années ? Et que faire face à un risque comme la pandémie qui, malgré toutes les données disponibles, n’avait pas du tout été anticipé – classé 17e par les risk managers d’Allianz en décembre 2019 ?

Au cœur de nombreuses polémiques liées au coronavirus, les assureurs sont fortement secoués. Pour Philippe, « on ne peut pas tout prévoir » mais « la capacité d’adaptation des acteurs dans un monde de plus en plus interconnecté sera déterminante ». L’histoire a prouvé à maintes reprises que les crises pouvaient se muer en catalyseur du changement. Soutenant une vision au plus près des enjeux émergents, Seyna se donne incontestablement les moyens d’incarner ce nouveau visage dont l’assurance et la société ont besoin.

 

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