Citius, Altius, Fortius : l’insurtech en quête d’Olympe !

Alexandre Pengloan
Rédigé par Alexandre Pengloan
02 août 2021 - 2 minutes

C’est un moment toujours attendu : la publication du baromètre trimestriel de l’insurtech par Willis Towers Watson. Alors que la vaccination bat son plein et nous rapproche chaque jour un peu plus d’un retour à la normale, les entrepreneurs redoublent d’ardeur pour imaginer des solutions adaptées à un monde qui bouge à toute vitesse. De leur côté, les investisseurs ont beaucoup de liquidités à disposition et n’hésitent pas à prendre des paris.

La tendance qui voit les investissements exploser depuis le début de l’année a donc logiquement été confirmée, et même renforcée, au deuxième trimestre. Ainsi, les assurtechs ont levé au total 4,8 milliards de dollars au T2, soit près de deux fois plus qu’au premier trimestre (+ 89%) ! Cette nouvelle flambée permet d’effacer, à mi-parcours de l’année, le total pourtant déjà record de 2020 (7,376 milliards de dollars en six mois contre 7,108 en 12 l’an passé).

 

 

Garder les pieds sur terre

 

Dans le détail, on dénombre 162 deals dont 15 mégarounds de plus de 100 millions de dollars. L’Europe arrive enfin à maturité avec les opérations signées wefox, Bought By Many, Alan et Shift Technology qui ne vous ont certainement pas échappé. L’heure est globalement à la diversité avec des levées de fonds réalisées dans 35 pays (contre 26 au Q1), dont des premières activités repérées en Roumanie, au Botswana, au Mali, en Turquie et en Arabie Saoudite.

Si ces chiffres impressionnants témoignent du dynamisme de la sphère assurtech et sont évidemment encourageants pour la suite, il faut cependant les analyser avec lucidité. Les fonds levés ne sont, premièrement, en aucun cas la garantie de la réussite d’une entreprise à terme. Et alors que l’on envoie volontiers plusieurs de nos licornes en Bourse dans un futur proche, le sort réservé par le marché aux spécimens d’outre-Atlantique doit interpeller – et plus que les courbes à la baisse, c’est davantage le traitement monolithique appliqué aux actions qui interpelle.

 

Par ailleurs, derrière chaque « success story » en gestation se cachent des échecs. Les startups qui mettent la clé sous la porte, c’est également le quotidien, et elles sont certainement plus nombreuses qu’on ne veut bien le croire. WTW livre d’ailleurs des statistiques édifiantes sur ce point, avec 184 jeunes pousses de l’insurtech qui ont déjà cessé leur activité depuis 2010, et 456 qui arboreraient actuellement une trajectoire inquiétante. A tous les acteurs de l’écosystème donc de garder les pieds sur terre, pour profiter intelligemment et avec mesure d’un incroyable momentum qui peut grandement aider à façonner l’assurance de demain.

Plus d’insights dans le baromètre « Quarterly Insurtech Briefing – Q2 2021 » de Willis Towers Watson

 

 

2 commentaires sur cet article. Réagissez !

Commentaires

  1. En ces temps inconnus, il est sain de tenter d’inventer de nouvelles solutions, tant au niveau technique, que commercial et humain, il en restera bien quelque chose.
    Dans cette industrie constamment en mouvement et extrêmement sollicitée en ces moments de mouvance il est naturel qu’elle soit examinée de près.
    Moi j’y vois plutôt un bon signe.

  2. 100% d accord Jean-Max

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