Le Chiffre du jour | Innovation : les assureurs à la conquête de l’espace

Nastasia Montel
Rédigé par Nastasia Montel
23 septembre 2021 - 3 minutes

Voyager dans l’espace, vous en rêvez, et c’est désormais possible sans formation de cosmonaute ! Mais avez-vous pensé à l’assurance ? Et oui, aucune raison de ne pas être couvert dans l’espace, comme pour n’importe quel voyage ! Alors que les premiers vols spatiaux touristiques ont commencé depuis peu, les assureurs commencent à se pencher sur la question.

Il faut dire que cette niche s’annonce lucrative. En effet, le marché du tourisme spatial atteindrait le chiffre astronomique de 1 trillion de dollars (soit 1 000 milliards) à l’horizon 2024 selon Morgan Stanley ! Avec les milliardaires Richard Branson, Jeff Bezos ou encore Elon Musk – pour ne citer que les plus connus – en fer de lance, cette industrie naissante possède en effet tous les atouts pour décoller très rapidement.

 

Un risque de décès évalué à 1% !

Les assureurs, de leur côté, ne veulent pas être pris de court. Et ils sont déjà à pied d’œuvre. Ainsi, Battleface, insurtech anglaise spécialisée dans le tourisme, vient de lancer une garantie pour les vols spatiaux privés, qui assure contre le décès accidentel et l’invalidité permanente.

Malgré les difficultés inhérentes à la construction d’un produit ex nihilo ou presque, en plus d’être particulièrement risqué (le risque de décès est évalué à 1% !), sa PDG Sasha Gainullin se montre déterminée : « nous sommes fiers de fournir ce produit pionnier pour le tourisme spatial. Nous révisons régulièrement nos politiques pour nous assurer que nous sommes adaptés au marché d’aujourd’hui, et bien que le tourisme spatial en soit encore à ses balbutiements, plusieurs centaines de vols spatiaux ont été vendus à des « civils » et la demande augmente. »

La Lloyd’s dispose aussi d’une solution d’assurance innovante pour l’industrie émergente des vols spatiaux privés, qui devrait prendre de l’épaisseur grâce à l’entrée d’entreprises privées dans le secteur. L’assureur français AXA, qui assure déjà les engins spatiaux, préparerait aussi une assurance pour le tourisme spatial. Un marché de niche au potentiel astronomique se dessine donc pour les assureurs qui oseraient s’y intéresser.

Mais quid de l’impact écologique ?

Alors que la crise climatique est au cœur des préoccupations, les assureurs ont un rôle important à jouer sur ce sujet. Une question émerge alors : peuvent-ils décemment s’intéresser au tourisme spatial dont le coût écologique apparaît exorbitant ?

Selon un rapport d’évaluation environnementale du SpaceShip Two (de la compagnie Virgin Galacic), les émissions en CO2 d’un vol suborbital complet sont de l’ordre de 27 tonnes. Avec 6 personnes à bord, cela correspond à 4,5 tonnes de CO2 par passager… soit un tour de la Terre seul en voiture ! Et ce seulement pour quelques minutes d’apesanteur.

Évidemment, pour les vols touristiques vers l’ISS ou la Lune par exemple, l’impact écologique est encore plus catastrophique. Les assureurs auront donc bientôt à arbitrer et faire des choix forts, entre le potentiel économique du tourisme spatial et leur engagement pour la cause environnementale.

 

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