Assurance et Clubhouse : pourquoi vous devez intégrer le club !

Alexandre Pengloan
Rédigé par Alexandre Pengloan
10 mars 2021 - 7 minutes

 

C’est LE réseau qui fait du bruit en ce début d’année 2021. A défaut de l’avoir encore essayé, vous avez forcément entendu parler de Clubhouse. La plateforme, qui fait la part belle à l’audio et repose sur un accès par invitation, intrigue a minima. En tant que professionnel de l’assurance, vous vous demandez peut-être si vous devez tenter l’expérience. Alors, quelles sont les forces et faiblesses du réseau ? Qui doit prendre la parole pour une marque ? Est-ce un levier marketing à considérer ? On vous explique pourquoi le mariage assurance / Clubhouse nous paraît pertinent, à plus d’un titre.

 

Assurance et Clubhouse, un mariage… de raison !

 

Clubhouse assurance

 

Le titre peut prêter à sourire. Pourtant, en creusant, on remarque rapidement une vraie synergie entre les deux mondes. En effet, l’assurance et le mutualisme se structurent autour des valeurs cardinales que sont l’authenticité, la spontanéité, la proximité et l’humain. Et bien, ce sont autant de termes qui s’appliquent à l’univers Clubhouse, réseau de la voix, vecteur de l’intime par excellence. Il y a donc une opportunité évidente à saisir et l’assurance, peut-être plus que tout autre secteur, doit aller sur Clubhouse.

Notre conseil, vous l’avez compris, est de ne pas attendre pour pousser la porte du club. La première étape est de récupérer des invitations. On vous explique comment. Le phénomène débute et se positionner en tant que précurseur peut se révéler très intéressant. On ne peut prédire s’il connaîtra le succès de ses aïeux Facebook ou Twitter. Toutefois, Clubhouse possède des atouts qui nous semblent particulièrement séduisants :

  • L’authenticité et la spontanéité offertes par la voix : on se sent rapidement à l’aise et en confiance. Après quelques rooms, on parie que vous lèverez même la main pour demander à monter sur scène !
  • Le côté pratique porté par une UX épurée et bien pensée : on flâne avec fluidité de room en room, la prise en main est instinctive et le son d’excellente facture – d’aucuns identifient déjà une « empreinte sonore Clubhouse »
  • C’est abordable ! Vous pouvez lancer votre room très simplement et tester un maximum de choses. Le coût du POC est ainsi quasi nul !

 

L’avis de Christophe Lefèvre (Responsable de la transformation à la FFA) : « Je trouve énormément d’intérêt à Clubhouse depuis mon arrivée sur la plateforme. Les échanges sont très spontanés. A ce stade, les échanges se font essentiellement entre professionnels, mais on peut évidemment les imaginer avec un public beaucoup plus large dans les prochains mois. Pour les assureurs, ce nouveau réseau social pourrait représenter alors être un excellent levier pour développer des actions de pédagogie. Et s’il se développe, pourquoi pas devenir un vecteur de communication et de pédagogie à part entière. On suit cela de près ! »

 

Tout n’est pas complètement parfait cependant. Parmi les limites actuelles de Clubhouse, nous identifions :

  • L’impossibilité d’accéder à Clubhouse via Android : l’application est pour le moment exclusivement disponible sur iPhone, ce qui exclut de fait 80% des possesseurs de smartphones en France. Pour une version Android, il faudra attendre plusieurs mois minimum (fin du printemps ou été 2021).
  • Le réseau, volontiers présenté comme le « nouveau LinkedIn», semble taillé pour des échanges autour de problématiques B2B. Comment dès lors l’utiliser efficacement dans une optique B2C alors qu’il demeure extrêmement select ? La question est ouverte.
  • Le contenu est aujourd’hui incontournable dans une stratégie de communication / marketing. Mais comment exploiter des discussions vocales qui sont éphémères par nature ? Clubhouse n’offre pas la possibilité d’enregistrer – même s’il existe des alternatives. Surtout, ne perdrait-on pas toute la spontanéité qui fait le charme et l’intérêt de la plateforme si son contenu venait à être ancré sur le web ?

 

Assurance : qui doit prendre la parole sur Clubhouse ?

 

Communication assurance Clubhouse

 

Clubhouse, c’est le réseau social de l’individu. La différence par rapport aux autres plateformes n’est pas anodine. En effet, les marques ne sont pas invitées au bal. Alors, qui doit prendre la parole pour un assureur ? Nous identifions 4 typologies de personnes :

  • Le top management qui incarne médiatiquement sa marque : des personnalités comme Pascal Demurger, Thomas Buberl ou Adrien Couret côté grands groupes historiques, et des dirigeants d’assurtech tels Jean-Charles Samuelian ou Olivier Jaillon – pour ne citer qu’eux – semblent préposés à jouer un rôle pionnier sur Clubhouse.
  • Les porte-parole des groupes : quel meilleur endroit pour « porter » la « parole » qu’une plateforme construite autour de la voix ? On peut, par exemple, imaginer des conférences de presse ou communications officielles qui trouveraient un écho tout particulier sur Clubhouse.
  • Les influenceurs des groupes : ce sont ici des salariés avec de grosses audiences, qui ont depuis longtemps compris le fonctionnement des réseaux et envers lesquels la marque peut se sentir en confiance.
  • Le réseau de distribution : il nous semble qu’il existe un vrai sujet autour des acteurs locaux. Ces courtiers ou agents généraux à haute expertise technique ou sectorielle peuvent intervenir, à titre individuel ou au nom de la marque, en apportant une plus-value sur des sujets de niche.

 

L’avis d’Alexandre Rispal (Directeur Général délégué Assurly) : « La manière d’utiliser Clubhouse doit être collective. Il faut laisser les idées créatives s’exprimer et place à la sérendipité. Les réseaux vont se croiser et des influenceurs vont émerger, qui ne sont peut-être pas ceux que l’on connaissait et que l’on attendait. Également, il ne faut pas hésiter à susciter l’intérêt des collaborateurs pour ce réseau. Je suis très impatient de voir ce que ça va donner d’ici 2-3 mois ! »

 

Cultiver une présence sur Clubhouse, ok… mais comment la mesurer ?

 

Clubhouse Metrics

 

Nombre de followers, likes, commentaires… L’engagement est aujourd’hui le nerf de la guerre sur les réseaux sociaux. Et c’est là que le bât blesse lorsque l’on évoque Clubhouse. En effet, pour le moment, aucune statistique n’est disponible à propos des rooms. Comment, dès lors, évaluer l’impact d’une action et la défendre auprès de sa direction ou de ses partenaires ?

Il faut savoir que Clubhouse se base sur l’outil Agora. Les informations de base – combien de personnes sont venues, combien de temps sont-elles restées, qui a participé, etc. – et donc les metrics associées, existent. Notre prédiction : poussé par la concurrence, le réseau va devoir s’ouvrir. De même, avec le succès vient l’enjeu de la monétisation. Et il faut être en mesure de fournir de la data aux annonceurs aujourd’hui. L’accès à ces KPI essentiels à toute stratégie marketing n’est donc qu’une question de temps.

 

Clubhouse, une opportunité pour les réseaux de distribution d’assurance

 

C’est un sujet à la fois compliqué, parfois mis de côté mais pourtant brûlant. Actuellement, les agents généraux sentent qu’ils doivent investir le digital… mais ne savent pas forcément comment. Etablir un plan de bataille est loin d’être simple (Quels supports ? Pour dire quoi ? Avec quels moyens ?) et cela peut déboucher sur une frustration légitime.

Et si Clubhouse représentait une formidable opportunité pour un agent général ? En effet, il bénéficie avec ce réseau la possibilité de cultiver une présence en ligne à moindre coût. Surtout, en s’appuyant sur un planning simple, la création d’un club spécifique à l »intérieur de Clubhouse, il a ici l’occasion d’aborder des sujets techniques. Au départ, ce seront des micro sujets adressés à de micro audiences… mais apportant une forte valeur ajoutée ! Un agent général en Auvergne, spécialisé sur l’agriculture, peut donc y trouver un intérêt. Et qui sait, profiter de l’effet boule de neige pour agréger, sans trop d’investissement, une communauté composée de profils qualifiés.

Quid de la modération ? Pour les groupes, il demeure important, d’une manière générale, de sensibiliser ses collaborateurs aux codes des réseaux sociaux tout en leur fournissant un guide de bonnes pratiques à appliquer. Pour le reste, une marque sûre de ses valeurs ne devrait pas s’inquiéter outre-mesure. C’est notamment l’avis de Sébastien Gendron, d’Euro Informatique, qui précise que « plus une entreprise aura une vision forte et des valeurs vécues au quotidien, plus elle sera à l’aise et n’aura pas de problème à laisser vivre ces valeurs sur Clubhouse. » Assureurs, à vous de jouer désormais !