La santé mentale, nouveau terrain de jeu pour Apple

Nastasia Montel
Rédigé par Nastasia Montel
29 septembre 2021 - 3 minutes

Toujours plus proche de nous, Apple voudrait donc désormais prendre soin de notre tête. Le géant californien travaillerait en effet sur l’analyse du stress, de l’anxiété ou encore de la dépression. Comment ? Grâce aux capteurs présents dans l’iPhone et l’Apple Watch. Déjà capables d’analyser le sommeil ou la respiration, ils pourraient demain déceler des troubles liés la santé mentale.

 

Analyser la vitesse de saisie ou l’élocution

Selon les informations du Wall Street Journal, deux études sont ainsi menées par la firme à la pomme. La première, réalisée avec l’Université de Californie UCLA, analyse les signaux de stress, d’anxiété voire de dépression auprès de 150 personnes. L’étude devrait évoluer cette année pour passer à 3 000 individus, et intégrer de nouveaux éléments pour collecter les données, tels que la caméra et le micro.

La seconde étude est diligentée par la biotech Biogen, spécialiste des troubles cognitifs légers. Ici, le but sera d’analyser – grâce aux algorithmes d’Apple – des éléments comme la vitesse de saisie ou les contenus écrits sur iPhone auprès de 20 000 personnes pendant deux ans. Objectif : pouvoir repérer des signaux qui peuvent être précurseurs de maladies telles qu’Alzheimer.

 

Gafa : une course à la santé connectée

Apple continue ainsi de montrer un intérêt poussé pour la santé. L’Apple Watch demeure le pilier de cette stratégie, et les développements annoncés pour la fameuse montre connectée confirme cette appétence. La firme de Cupertino a par ailleurs récemment permis aux utilisateurs d’iPhone de partager leurs données médicales à des proches ou médecins. Petit à petit, Apple s’impose tout simplement comme un compagnon santé du quotidien.

Mais ce n’est pas le seul membre des GAFA à s’intéresser à un secteur entrevu par beaucoup comme une véritable poule aux œufs d’or. Google, Microsoft ou encore Amazon ont déjà bien investi ce terrain au potentiel colossal. En Asie, même constat avec les BATX – voir le WeDoctor de Tencent – ou un Ping An qui redoublent d’efforts. Les géants technologiques avancent donc à découvert et ont assurément la capacité de structurer la santé de demain… pour le meilleur ou pour le pire !

 

Le digital, un atout face aux problèmes de santé mentale

Le constat est implacable, et effrayant : la santé mentale s’est dégradée depuis la crise sanitaire. La dépression touche 1 personne sur 5 dans le monde, et est la première cause d’incapacité selon l’OMS. Apple s’attaque ainsi à un enjeu primordial, mais n’est pas seul. En effet, le tabou commence d’ailleurs à se lever chez les assureurs, forcément attendus sur ce sujet. Les initiatives se multiplient, à l’image de la pépite de l’assurtech française Alan qui vient de dévoiler son nouveau service dédié, Alan Mind, fin septembre.

Lorsque l’on évoque la santé connectée, vient rapidement sur la table la problématique des données personnelles. L’enjeu est brûlant, surtout si l’on prête aux géants de la tech des intentions pas toujours louables. Pour autant, ces peurs ne doivent pas devenir des freins au progrès. Avec de solides garde-fous et un usage conscient, le digital représente un levier exceptionnel pour améliorer la prise en charge de la santé mentale. Trouver le juste équilibre sera encore une fois ici la clé.

 

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